L’article 6 Quater A de la loi du 13 juillet 1983 oblige l’employeur public à intervenir sans délai en cas de signalement de harcèlement moral, sexuel, ou de toute autre violence au travail. Cette nouvelle affaire illustre les conséquences dramatiques de l’abstention coupable de l’administration.

Quand le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche met plusieurs mois pour prendre une décision et laisse se dégrader considérablement le relationnel, au préjudice direct de l’ensemble des protagonistes mais aussi des usagers, étudiants en l’espèce, quand le juge administratif couvre quasi systématiquement le management public, »pour regrettable qu’il soit » il ne reste que les médias pour dénoncer et provoquer les décisions attendues depuis des mois.

Regrettable.

Génère incompréhension et sentiment d’injustice de tous les côtés de la barre, en exposant douloureusement les victimes et en ne laissant plus d’espace pour les droits de la défense.

Lutter contre les violences au travail, c’est faire preuve de courage managérial. Tant que le juge administratif ne condamnera pas fermement l’abstention coupable des administrations, les conflits sociaux se régleront hélas dans les médias. Le service public n’est pas une tribune politique mais un espace dans lequel les conditions de travail doivent être garanties, comme dans n’importe quelle entreprise.

Pour comprendre l’affaire, lire l’article de Le Monde : « A l’école de la nature et du paysage de Blois, une affaire de harcèlement mobilise étudiants et enseignants », Le Monde 8 septembre 2021

« A Blois, le directeur de l’école d’ingénieurs démis de ses fonctions », Le Monde 9 septembre 2021

Reportage et interview de Me Christelle MAZZA sur France 3 Centre Val de Loire – 8 septembre 2021